Les tissages 2025

Les Femmes du Rue du Monument

Les tissages présentent des silhouettes de femmes qui ont autrefois vécu Rue du Monument. Leur présence a été retrouvée sur d’anciens négatifs sur plaque de verre, laissés dans la maison qu’elles habitaient. Les visages se sont estompés, les noms ont été oubliés. Ce qui demeure, ce sont des contours — les traces d’une vie dont on ne se souvient plus.

Dans cette même maison ont été découverts de délicats chemisiers, de la dentelle fragile et quelques colliers de perles. Des objets intimes, faits à la main, qui parlent de soin, de temps et d’attention. Ces matériaux constituent le point de départ de l’œuvre. Les silhouettes sont fixées puis brodées dans la dentelle, comme si ces femmes étaient à nouveau touchées par le travail manuel qui les entourait autrefois.

Les silhouettes sont placées dans des cadres distincts, brodés à la main, comme si chaque pièce formait un fragile cadre photographique, posé sur de grands tissages réalisés en laine de mouton filée à la main. La laine devient le support du temps : lourde, terrestre et solide. Les cadres constituent un encadrement soigneusement et attentivement réalisé. Certains cadres sont restés vides — des cadres sans figure, sans mémoire. Il n’y a plus rien. Cette absence rend la disparition tangible et souligne la fragilité de ce qui fut.

En les fixant sous forme de silhouettes, sans visage, elles demeurent anonymes et universelles. L’œuvre est une tentative de ne pas laisser ces femmes disparaître, de redonner une place à leurs travaux délicats et à leurs vies silencieuses dans le tissu du temps.

« Ce qui menace de disparaître est retenu dans le fil et le temps. »

Des silhouettes de femmes, autrefois présentes Rue du Monument, réapparaissent dans des tissages. Leurs visages ont disparu, leur travail manuel est resté. Dans de fragiles cadres, les souvenirs sont retenus, à la lisière de l’effacement.